Note de terrain n°13
Le rapport vient de sortir : 425 pages. On l'a lu (pour de vrai) et voici ce qu'il dit de la réalité terrain. Le chiffre le plus instructif n'est pas sur la performance des modèles, ni les milliards investis mais celui-ci : 88 % des organisations déclarent utiliser l'IA dans au moins une fonction. Et dans ce même rapport, le déploiement effectif reste à un chiffre presque insignifiant, en pourcentage, dans presque toutes les fonctions.
Cet écart, nous le retrouvons en mission depuis le début de l'année. Les directions ont décidé d'y aller, les pilotes existent mais entre le pilote et la mise en production qui tient, il y a un gouffre que les éditeurs ne comblent pas et ce n'est pas un problème de modèle. Le rapport documente lui-même les freins : sécurité et risque en tête, puis incertitude réglementaire, absence de gouvernance, valeur business floue. Aucun de ces freins ne se résout en changeant de modèle, ce sont des problèmes de cadrage, de choix de cas d'usage, de supervision.
Le rapport le dit avec ses chiffres : les gains mesurés sont réels là où les tâches sont structurées et l'output mesurable (+26 % en développement logiciel, +50 % en production marketing). Ailleurs, les effets sont faibles, nuls, voire négatifs.
Nos clients ne nous demandent plus si ça vaut le coup, ils nous demandent comment accélérer sans se perdre dans des mois de cadrage. Ce qu'on observe en mission, c'est que la question ne se résout pas globalement, elle se règle process par process, avec des résultats observables en quelques semaines, pas en quelques trimestres.




