Adoption & organisation3 min de lecture

On a livré un outil IA que tout le monde trouvait génial, et pendant des semaines personne ne l'a utilisé.

Un assistant RAG réglementaire parfaitement fonctionnel, un sponsor au bon niveau, un besoin réel. Et zéro usage. Ce qui a fait basculer l'adoption, ce n'est pas le sponsoring.

Portrait de Jérémy RochJérémy RochAssocié — Développement commercial
On a livré un outil IA que tout le monde trouvait génial, et pendant des semaines personne ne l'a utilisé.

Note de terrain n°19

On a livré un outil IA que tout le monde trouvait génial, et pendant des semaines personne ne l'a utilisé.

L'outil en question, c'est un assistant réglementaire sur la facturation électronique, construit en RAG. On lui pose n'importe quelle question opérationnelle, il répond en temps réel sur le cas concret qu'on lui soumet, et surtout il cite l'article de loi sur lequel il s'appuie. Au départ, on l'avait développé pour nos propres consultants en chefferie de projet, qui n'avaient pas tous le vernis réglementaire nécessaire.

Chez un de nos clients, un acteur de la distribution B2B, la démo a emballé la DAF et la directrice de la transformation. La décision a été prise dans la foulée : on le déploie aux équipes métiers. Les accès ont été ouverts, l'annonce a été faite, et puis il ne s'est rien passé du tout.

On avait pourtant un sponsor au bon niveau, un outil qui fonctionnait et un besoin réel. Mais entre « vous avez un accès, testez-le » et une vraie adoption, il y a une étape que tout le monde économise, parce qu'elle coûte du temps et qu'elle ne se délègue pas : montrer à chaque personne ce que l'outil change concrètement dans son travail à elle.

Le retournement est venu du terrain. Quand les équipes métiers posaient une question réglementaire à nos consultants, ceux-ci ont pris l'habitude d'ouvrir l'outil devant eux et de chercher la réponse ensemble, sur le cas réel du moment. C'est là que ça a basculé : les gens se sont dit « ah mais en fait, il est utile », et ils ont commencé à s'en servir seuls. L'adoption n'est donc pas venue du sponsoring, mais de la démonstration d'usage, cas par cas, par des pairs.

Et c'est exactement ce que Schneider Electric vient d'acter dans son organigramme. Le groupe avait déjà un Chief AI Officer depuis 2021, mais il vient de créer un second poste, Chief AI Transformation Officer, confié à Vinciane Beauchêne et rattaché à la DRH. Sa grille de lecture, héritée du BCG : la réussite d'une transformation IA tient pour 10 % aux algorithmes, pour 20 % aux données, et pour 70 % aux processus, aux responsabilités et aux compétences.

La preuve avant la promesse.

Source : Consultor, 12 octobre 2026 (Lydie Lacroix).

Portrait de Jérémy Roch

L’auteur

Jérémy Roch

Associé — Développement commercial

Ancien consultant en stratégie, management et organisation, Jérémy accompagne depuis plus de quinze ans les grandes entreprises dans leurs projets de transformation. Son parcours couvre le conseil, la direction de projets complexes et le développement commercial auprès de grands groupes, en France et à l'international. Il pilote aujourd'hui le développement de solutions intégrant l'intelligence artificielle pour améliorer la performance des organisations et transformer les métiers.

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