IA supervisée & gouvernance2 min de lecture

L'IA ne s'est pas trompée. Personne n'a relu.

5 citations exactes sur 45 dans un rapport KPMG. En dix-huit mois, les quatre grands cabinets se sont fait prendre à publier des rapports rédigés par IA et truffés d'hallucinations.

Portrait de Jérémy RochJérémy RochAssocié — Développement commercial
L'IA ne s'est pas trompée. Personne n'a relu.

Note de terrain n°18

5 citations exactes sur 45. C'est le bilan d'un rapport sur l'IA agentique publié par KPMG, retiré en trois jours après l'analyse du détecteur d'hallucinations GPTZero, confirmée par le Financial Times.

Et KPMG est en bonne compagnie. En dix-huit mois, les quatre grands cabinets se sont fait prendre tour à tour à publier des rapports rédigés par IA et truffés d'hallucinations. Deloitte a dû rembourser une partie de ses honoraires en Australie. EY a retiré une étude sur la cybersécurité. Chez PwC Moyen-Orient, on monte d'un cran : un rapport y inventait de toutes pièces un produit, « Citizen Pulse », ainsi que son déploiement dans quatre pays. Ni le produit ni les déploiements n'existent. Le rapport est toujours en ligne.

Le plus intéressant n'est pas l'erreur, c'est le mécanisme. Edward Tian, le fondateur de GPTZero, le décrit simplement : la conclusion est décidée d'avance, l'IA construit le raisonnement qui y mène, et l'hypothèse de travail semble être que personne ne lira les notes de bas de page. Le secteur fait produire le volume par des juniors, les juniors délèguent à l'IA, et la relecture senior passe à la trappe.

Dans ma note n°17, je montrais que l'IA referme la porte d'entrée des juniors. Cette affaire montre l'autre versant du même problème : on supprime ceux qui apprennent le métier en relisant, au moment précis où l'on n'a jamais eu autant besoin de relecture.

Ce que j'en retiens pour les directions que nous accompagnons : le problème n'est pas que ces cabinets utilisent l'IA. Nous l'utilisons tous. Le problème est qu'ils ont économisé le contrôle. L'IA produit, mais c'est un humain qui répond du résultat. Quand on retire le second, on ne vend plus de la preuve, on vend de la promesse.

Trois questions à se poser avant votre prochain comité : combien de documents générés par IA sont sortis de chez vous ce trimestre sans relecture senior ? Qui, nommément, répond de ce que l'IA produit dans vos équipes ? Et vos prestataires — vous leur avez posé la question ?

Sources : GPTZero · Financial Times (29 juillet 2026) · Consultor, articles du 6 août et du 28 septembre 2026.

Portrait de Jérémy Roch

L’auteur

Jérémy Roch

Associé — Développement commercial

Ancien consultant en stratégie, management et organisation, Jérémy accompagne depuis plus de quinze ans les grandes entreprises dans leurs projets de transformation. Son parcours couvre le conseil, la direction de projets complexes et le développement commercial auprès de grands groupes, en France et à l'international. Il pilote aujourd'hui le développement de solutions intégrant l'intelligence artificielle pour améliorer la performance des organisations et transformer les métiers.

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