Note de terrain n°10
La semaine dernière, Swift a annoncé le report de l'échéance de novembre 2026 sur les adresses structurées ISO 20022, faute d'une préparation suffisante à l'échelle de la place. Sur le principe c'est une bonne décision, parce qu'imposer la bascule aurait provoqué une vague de rejets dans les circuits de paiement.
Mais j'ai vu tout de suite l'effet que ça allait produire chez nos clients. Chez un groupe de distribution que nous accompagnons, les équipes venaient de passer trois semaines en hypercare sur la facturation électronique, et le projet ISO 20022 devait démarrer dans la foulée fin septembre. Quand le report est tombé, la première question a été de savoir si on pouvait décaler pour souffler un peu.
Je comprends la fatigue, mais c'est justement le moment où il faut faire attention. Un projet ISO 20022 ne se résume pas à un changement de format de message, il repose surtout sur la qualité des données fournisseurs dans l'ERP, avec des adresses incomplètes et des référentiels que personne n'a nettoyés depuis des années. Ce genre de chantier ne se traite pas dans l'urgence à la veille d'une échéance, il se mène posément, précisément quand la pression réglementaire est retombée.
Le vrai risque, c'est de confondre le report d'une date avec la disparition du problème. Les équipes se dispersent sur d'autres priorités, le budget est réalloué ailleurs, et dans six mois on relance le projet à froid en ayant perdu la dynamique qu'on avait déjà.
La preuve avant la promesse.




