Note de terrain n°5
La semaine dernière, nous parlions du matin du 2 septembre. Restons sur ce dossier, parce qu'il réserve une autre surprise, et celle-là est plutôt une bonne nouvelle.
Chez un client distributeur, la préparation de la facturation électronique imposait de passer en revue le référentiel fournisseurs. Un travail que tout le monde repoussait depuis des années, faute d'urgence. L'audit a fait remonter ce que dix ans de croissance avaient laissé s'accumuler sans que personne n'ait de raison de s'y plonger : des fournisseurs en double sous des orthographes différentes, des entités juridiques qui n'existaient plus, des identifiants erronés, et des conditions tarifaires que plus personne n'avait rapprochées des contrats depuis leur signature.
Le réflexe naturel aurait été d'y voir une mauvaise nouvelle de plus sur un dossier déjà contraignant. C'est l'inverse qui s'est produit. Cette dette de données, aucun comité n'aurait accepté de la financer pour elle-même, parce qu'un projet de nettoyage de référentiel ne fait rêver personne et ne promet aucun retour visible. La réforme a fourni ce que le sujet attendait depuis des années : une échéance non négociable et un budget déjà voté.
Et un référentiel propre change ce qui devient possible ensuite. Une fois les données fiables, le contrôle automatique des écarts entre les conditions négociées et les montants réellement facturés devient un projet de quelques semaines, alors qu'il était inenvisageable sur des données douteuses. Sur des dizaines de milliers de factures par an, ce que révèlent ces écarts se compare très favorablement au coût de la mise en conformité qui les a rendus détectables.
La preuve avant la promesse.



