Note de terrain n°12
Le 1er septembre, j'écrivais ici que la bascule vers la facturation électronique ne se ferait pas d'un coup, mais par lots étalés sur le mois. Trois semaines plus tard, un consultant de notre réseau, en mission chez une plateforme de dématérialisation qui traite les flux de plusieurs grands comptes, me confirme exactement ça, vu de l'intérieur.
Presque personne n'a basculé la totalité de ses flux au 1er septembre. Les entreprises avancent périmètre par périmètre, en activant d'abord certains fournisseurs, puis certains clients, plutôt que de tout mettre en production le même jour. Et le plus intéressant, c'est que même celles qui étaient techniquement prêtes ont choisi d'y aller par étapes. Elles préfèrent tester en conditions réelles sur un périmètre réduit avant d'ouvrir en grand.
Ce n'est pas de l'attentisme, c'est de la prudence opérationnelle. Sur une réforme qui touche l'ensemble des flux de facturation d'une entreprise, une erreur en production ne se rattrape pas facilement. Avancer par vagues permet de repérer les problèmes de routage sur un petit volume, de corriger, puis d'élargir.
Il reste un angle mort dont on parle peu. Tout le monde s'est concentré sur l'émission et la réception des factures, mais sur le e-reporting, la transmission des données de transaction à l'administration, presque personne n'est vraiment prêt. Les équipes techniques sont encore mobilisées sur le sujet, et ce chantier-là va occuper les prochaines semaines.
La preuve avant la promesse.




